Les images planes (photos, peinture, dessins…)La réponse de l’islam sur les images planes n’apparaît clairement que si l’on examine l’image elle-même pour savoir quel est le but visé, quel emplacement elle occupe dans la maison, quel est son emploi et enfin quel but se fixe son auteur en la dessinant.
Si l’image plane représente tout ce qu’on adore en dehors d’Allah tel que le messie chez les chrétiens, la vache chez les hindoues et d’autres choses du même genre, celui qui l’a dessiné dans ce but et avec cette intention n’est qu’un mécréant propagateur d’incroyance et d’égarement. C’est en pensant aux gens de cette espèce que nabi saws a annoncé le plus dur des châtiments : « Ceux qui auront les châtiments les plus durs le jour de la résurrection sont les dessinateurs » (Muslim )
At Tabari a dit : « Est visé ici celui qui dessine tout ce qu’on adore en dehors d’Allah en connaissance de cause et intentionnellement. Cela en fait un mécréant. Quant à celui qui ne cherche pas cela, il est simplement coupable de désobéissance en ne respectant pas cette interdiction. »
Entre dans cette catégorie celui qui accroche des tableaux/photos/images planes comme des objets sacrés.
Proche de celui-là est celui qui a dessiné ce que l’on adore pas, mais qui a cherché à imiter dieu dans sa création, c'est-à-dire prétendant créer tout autant que dieu. Son intention l’éloigne du tawhid.
A propos de cette catégorie de personne, le hadith suivant a été rapporté : « Les gens qui auront les châtiments les plus durs sont ceux qui imitent dieu dans sa création ».
C’est une chose qui dépend uniquement de l’intention du dessinateur. Dans ce hadith, il y a sûrement la preuve de « Qui donc est la plus injuste que celui qui est allé jusqu’à créer comme ma création ? Qu’il crée donc une graine ou une simple fourmi ! ».
L’expression « Qui est allé jusqu’à créer comme ma création ? » indique l’intention de ressembler à dieu et de disputer ses prérogatives particulières telles que la création et l’innovation. Le défi que leur lance dieu de créer une graine ou une fourmi indique qu’ils ont cherché cette concurrence à travers leur œuvre. C’est pourquoi il les châtie à la vue de tous, le jour de la résurrection, quand il leur dit « Donnez vie à ce que vous avez créé !
» et quand il ordonne au dessinateur d’insuffler ma vie dans son image.
Parmi les images qu’il est interdit de faire ou d’acquérir, sont toutes
celles qui représentent des personnages entourés d’un culte religieux, ou glorifiés à outrance (images des prophètes, des anges, des saints très répandues chez les chrétiens).Certains innovateurs de l’islam les ont en parti imité en représentant Ali, Fatima…Sont également interdites celles qui représentent des monarques ou des rois, des chefs politiques ou des artistes. Elles ont de moindre péché que les précédentes, mais leur péché devient plus grave si elles représentent des mécréants, des gens injustes ou des débauchés, tels que les chefs d’état qui ne gouvernent pas selon ce que dieu a révélé, les chefs politiques qui appellent à autre chose qu’à la mission de dieu, les artistes qui glorifient l’injustice et qui propagent l’immoralité et la dégradation des mœurs dans la nation.
Il semble que du temps du prophète saws, la plupart des images planes visaient à adorer ou à glorifier des personnages, car elles étaient l’œuvre des Byzantins et des Perses, c'est-à-dire des chrétiens et des zoroastriens. C’est pourquoi elles étaient toujours marquées par l’influence de leur foi et
du culte qu’ils vouaient à leurs chefs religieux et politiques. Muslim rapporte ce hadith d’après Abou Ad-Douha : « J’étais avec Masrouq dans une maison où il y avait des statues. Masrouq me dit : « Est-ce que ces statues sont celles de Chosroes ? ». « Non ce sont celles de Marie », lui dis-je.
Masrouq avait pensé ici que ces statues avaient été faites par les zoroastriens qui représentaient leurs rois même sur leur vaisselle. Il s’avéra cependant qu’elles étaient de fabrication chrétienne. A propos de cette histoire, Masrouq a dit : « J’ai entendu Abdallah Ibn Masa’oud dire : « J’ai entendu le prophète saws dire : « Les gens qui auront les châtiments les plus durs sont les dessinateurs ».
Quant aux images planes et peintures, s’ils représentent des choses inanimées, celui qui les dessine ou les acquière n’encoure aucun blâme.
Quand l’image représente un être animé non soumis à aucun interdit déjà mentionné (culte, glorification, idolatrerie…), je suis d’avis qu’elle n’est pas non plus interdite. Plusieurs hadith authentiques viennent appuyer cette thèse :
Muslim a rapporté d’après Bich Ibn Said, d’après Zaid Ibn Khalid, d’après Abou Talha, que le messager de dieu saws a dit : « Les anges n’entrent pas
dans une maison où il y a une image ». Bichr dit : « Par la suite Zaid tomba malade et nous lui rendîmes visite.Nous trouvâmes sur sa porte un rideau portant une image .Bichr dit : « Je dis à Oubaidallah Al Kaoulani (épouse du prophète saws) qui était alors avec lui : »Est-ce que Zaid ne nous a pas rapporté avant-hier ce qu’o a dit à propos des images ? ». Oubaidallah répondit : « Ne l’as-tu pas entendu quand il a dit « Sauf un dessin sur un tissu » ?.
At Tirmidhi a rapporté d’après Otba, que ce dernier est venu rendre visite à Abou Talha al Ansari qui était malade.Il trouva auprès de lui Sahl Ibn Hanif.Il dit : « Abou Tahla appela quelqu’un pour qu’il retire la couverture portant des images qui était sous lui. Sahl lui dit : « Pourquoi la retires-tu ? » Il dit : « Parce qu’elle porte des images et tu sais bien ce qu’en dit le prophète ». Sahl lui dit : « N’a-t-il pas dit aussi « Sauf celles qui sont dessinées sur un vêtements ? » Abou Tahla répondit « Si, mais cela me rassure ». At Tirmidhi juge ce hadith authentique .
Ces ahadith prouvent que les images absolument interdites sont les images
matérialisées uniquement (c'est-à-dire en 3 dimensions : statues).
Quant aux images dessinées sur ds toiles ou représentées sur les tapis, les
murs, il n’y a pas de texte explicite, authentique et non soumis à discussion qui indique leur interdiction.
Certes il y a des ahadith authentiques où le prophète saws a seulement montra sa réprobation pour ces sortes d’images, car elles constituent une imitation des partisans du luxe et des amoureux passionnés de ce bas-monde.
Muslim rapporte ce hadith de Zaid Ibn Khalid al Jouhni d’après Abou Talha al Ansari : »J’ai entendu nabi saws dire : « Les anges n’entrent pas dans une maison où il y a un chine ou des statues ».Il dit : « Je me rendis chez Aicha et lui dis : « Cet homme me fait savoir que le prophète saws a dit « les anges n’entrent pas dans une maison où il y a un chine ou des statues ».As-tu entendu pareil de la bouche du messager de dieu saws ? ».
Elle répondit : « Non mais je vais vous raconter ce que je l’ai vu faire.Je l’ai vu sortir à l’une de ses expéditions militaires, j’ai pris un tissu
portant des images et j’en fis un rideau pour la porte. Une fois de retour il vit le rideau ; je remarquais des signes de mécontentement sur son visage ; Il tira violemment le rideau jusqu’à ‘arracher et dit : « Dieu ne nous a jamais ordonné de vêtir les pierres et la boue ! ».
Elle dit : « J’en fis alors 2 coussins remplis de fibres de palmier et il ne trouva rien à redire ».
On ne peut déduire de ce hadith que la simple réprobation de vêtir les murs et autres avec des rideaux portant des dessins.
An Nawawi a dit : « Rien dans ce hadith n’implique l’interdiction, car le
vrai sens de cette phrase est que dieu ne nous a jamais ordonné de faire cela. Celà implique que ce n’est ni une obligation, ni une action recommandée , et que cela ne prescrit aucune interdiction. »
De même, Muslim a rapporté d’après Aicha qu’elle a dit : « Nous avions un
rideau portant des images d’oiseaux. Celui qui entrait dans la maison le voyait en face de lui. Le messager de dieu saws me dit : « Change-moi ce rideau de place, car chaque fois que j’entre, je le vois et je pense à ce bas-monde ».
Il ne lui a pas ordonné de le déchirer, mais seulement de la changer de place, car cela lui rappelait le bas-monde, d’autant plus qu’il faisait toutes ses prières surérogatoires chez lui.
On en conclut que nabi saws a admis chez lui la présence de rideaux portant des images d’oiseaux.
C’est selon ces ahadith que nos pieux ancêtres (AL bukhari, Muslim et
d’autres) ont dit : « On n’a interdit que tout ce qui a une ombre, et il n’y a aucun mal dans les images qui n’ont pas d’ombre » .
Le hadith suivant appuie les paroles de Dieu : « Qui donc est la plus
injuste que celui qui est allé jusqu’à créer comme ma création ? Qu’il crée donc une graine ou une simple fourmi ! ».
La création de dieu n’est pas un dessin sur une surface plane mais la création d’images matérialisées en 3 dimensions comme ‘a affirmé dieu l’exalté : « C’est lui qui vous donne forme dans les matrices, comme il veut ». (3.6)
Le bien-fondé de cette idée n’est troublé que par le hadith de Aicha dans l’une des versions de Muslim et d’Al Bukhari. Elle acheta une fois un coussin portant des images. Quand nabi saws le vit, il resta à la porte et n’entra pas. Elle dit « Oh messager de dieu ! je reviens repentante vers dieu et son messager. Quel péché ai-je donc commis ? ».Il dit : « Que vient faire là ce coussin ? ». Elle dit : « je l’ai acheté pour que tu t’assoies dessus et que tu y reposes ta tête ». Le messager de dieu saws dit : « Les auteurs de ces images seront châtiés et on leur dira « Donnez vie à ce que vous avez créé ! ». Puis il dit : « Les anges n’entrent pas dans une maison où il y a des images ».Dans une autre version, Mulism ajoute qu’Aicha a dit : « Je fis de ce coussin 2 oreillers servant pour la maison ».
Cependant, plusieurs arguments viennent contrecarrer ce hadith :
***Il a été rapporté dans plusieurs versions nettement contradictoires.
Certaines montrent que le prophète saws a utilisé le rideau une fois qu’il a été coupé et transformé en coussins. D’autres disent qu’il ne l’a nullement utilisé par la suite.
*** Certaines versions indiquent seulement qu’il n’a pas aimé cela, car recouvrir le mur avec des images est une sorte de luxe qu’il n’admettait pas. C’est pourquoi il dit : « Dieu n’a jamais ordonné de vêtir les pierres et la
boue ».
*** Le hadith de Aicha rapporté par Mulim au sujet du rideau portant des images d’oiseaux : le prophète saws a dit : « Change-moi ce rideau de place, car à chaque fois que je le vois je pense à ce bas-monde ». Cela n’implique aucune interdiction.
***
Ce hadith s’oppose à celui où est mentionné un rideau avec des dessins que le prophète saws a ordonné de retirer de sa vue car il voyait ces images en accomplissant sa prière ;
Al Hafidh qui ne sut pas comment concilier ce hadith avec celui de Aicha concernant le rideau avec des dessins a dit : « Cela prouve qu’il a d’abord accepté la présence de ce rideau et qu’il a accompli sa prière alors qu’il était encore accroché, jusqu’au moment où il ordonna de la retirer uniquement parce que ces images le distrayaient pendant sa prière, sans pourtant évoquer comme raison que c’étaient les images ».
Al HAfidh lia les 2 hadith par le fait que le 1er parlait d’images d’êtres animés et que l’autre des images autre que des oiseaux. Cependant, le hadith
citant le rideau portant des dessins d’oiseaux vient perturber cette conciliation.
*** Ce hadith est en opposition avec celui d’Abou Tahla Al Ansari qui fait exception des images faites sur les vêtements.
Al Qourtoubi a dit : « On peut concilier en disant que le hadith de Aicha
implique la réprobation des images et que celui de Abou Tahla indique la permission inconditionnée qui, en fait, ne contredit pas la réprobation ». Al HAfidh Ibn Hajar approuve cet avis.
***Celui qui a rapporté le hadith de Aicha concernant le rideau n’est autre que le fils de son frère, al Qassim Ibn Mohammad Ibn Abou Bakr.Or il admettait les images qui n’avaient pas d’ombre. On rapporte que Ibn Aoun a dit : « Je suis entré une fois chez Al Qassim, alors qu’il habitait dans le quartier haut de la mecque.J y vis une coupole décorée d’images de loutres et d’oiseaux légendaires ».
Al Hafidh dit : « Il se peut qu’il se soit appuyer sur l’exception accordée aux dessins faits sur le vêtement ».
Il semble qu’il expliqua la réprobation de nabi saws pour le rideau de Aicha par le fait que cela revêtait un mur. Celà est corroboré pales paroles de nabi saws « Dieu n’a pas ordonné de vêtir les pierres et la boue ».
Al Qassim était l’un des 7 savants savants en fiqh de Médine.C’était l’un des hommes les plus méritants de son époque. Or c’est lui qui a rapporté le hadith concernant le rideau il n’avait pas compris que cette permission s’étendait aux décorations de la coupole, il ne les aurait jamais permises.
Cependant, à travers les ahadith concernant les images et leurs auteurs, il apparaît la possibilité que nabi saws a d’abord été sévère à leur sujet parce que les gens venaient à peine de quitter l’ère polythéiste et idôlatre, où l’adoration des images et statues était répandue.
Mais une fois que le tawhid s’installa solidement dans las âmes, et qu’il se fixa profondément dans les cœurs et les esprits, nabi saws finit par autoriser les images planes. Autrement, il n’aurait pas admis dans sa
propre maison un rideau portant des images, et il n’aurait pas fait exception des dessins sur le vêtement. On étand cette exception par analogie au papier, aux murs etc…
At Tahawi, l’un des imams du rite Hanafite a dit : « La seule raison pour laquelle toutes sortes d’images, même tissées furent interdites au début est que les gens sortaient à peine d’une ère où l’on adorait les images. Elles furent donc interdites en bloc. Une fois que cette interdiction fut admise et comprise, l’islam autorisa les dessins tissées sur un vêtement par necessité de se vêtir.Il autorisa aussi toutes les images privées de tout considération, car on ne craint pas que l’ignorant adore ce que l’on ne respecte pas. Mais l’interdiction est restée valable pour les images entourées de respect ».
source: al haram wa al haram fi islam, Sheykh Youssouf al Qardaoui